LES SOEURS JULIA

LES SOEURS JULIA
Christian DUPRé
Des personnages pas très catholiques se croisent chez Sœur Julia. Règlements de compte dans un univers loufoque et tragi-comique.

Sœur Julia et sa fille habitent un endroit isolé où viennent des gens différents, pour bavarder et inconsciemment se confesser. Des êtres étranges et inquiétants, comme Monsieur Valentin, dont on ne connaîtra pas l’histoire mais qui laisse planer une menace sur Julia. Le téléphone entrecoupe les conversations, se fait oppressant. Une comédie où les personnages sont en quête de sens.

Extrait : Julia : Qu’est-ce que tu fais ici, Charlot ? Silence. Ledenski : Ça faisait cinq jours qu’il faisait beau. Pas un nuage. Pas un nuage en cinq jours. J’ai regardé la photo de mon portefeuille. J’étais à ma fenêtre, je fumais une clope. Je fume dehors pour ne pas que ça pue trop à l’intérieur. Je sais plus trop à quoi je pensais. Je pensais à cette photo. Je veux jeter une cendre dans le cendrier. Il y avait un bourdon dedans. Il m’a saisi, le salopard. Chaque année, quand il commence à faire beau, je me fais saisir par les insectes. Julia : C’est drôle, mais il m’arrive les mêmes choses. Ledenski : Vous aussi alors ! C’est vraiment drôle, ça ! Je vous téléphone. Je prends rendez-vous. Je prends ma bagnole. Arrivé au village, je reste bloqué devant un carrefour. Un embouteillage dans un si petit village, c’est complètement dingue. De loin, j’arrive un peu à voir ce qui se passe. Je vois des militaires sur des chevaux en habits de clown. Ils font une parade. Vous savez, tout le tintouin, avec l’épée et tout ça. Devant moi, il y avait un bus. Il était vide. Derrière moi, ils klaxonnaient comme des tapés. A mon avis, on avait oublié de les prévenir. Soit, je reste bloqué là, dans ma bagnole. Comme j’ai pas de radio, je m’emmerde. Enfin, je m’ennuie. Comme je m’ennuie, je reluque ce qui se trouve autour. Je regarde sur les murs des maisons. Qu’est-ce que je vois ? Des affiches de peintures de James Ensor. James Ensor ! Des peintures de James Ensor !

Le mot de l’auteur : « Sœur Julia. Ou plutôt les sœurs Julia. Différente pour chacun, à l’écoute de tous, elle reçoit les confessions dans son chalet en forêt. Une forêt bienveillante et protectrice. Au delà de la forêt, il y a le village, les hommes…ceux qui sont toujours prêts à condamner. Car une faute a été commise : Julia a eu un enfant. Et pour le village, puisqu’il y a eu faute, il faut qu’il y ait punition. Mais la forêt veille. Elle sait. Elle sait que s’il y a eu faute, il y aura rédemption. »

Biographie de l’auteur : Né à Bruxelles en 1965, il obtient un diplôme d’art dramatique à l’Académie d’Etterbeek (classe de Bernard Marbaix), suit des stages de formation d’acteur en Avignon en 1988 et 1989. Passionné de cinéma, il fonde en 1989 l’Asbl CINOPSIS (promotion, production et réalisation de films) qu’il dirige jusqu’en 1993. Il crée également la revue « Aaaarrggh » dans le cadre du festival du Film Fantastique de Bruxelles et en devient le rédacteur en chef Au théâtre, il a joué dans Cet animal étrange de Tchekhov, mise en scène de Bernard Marbaix, Feu la Mère de Madame de Feydeau et Les Amours de Jacques le Fataliste, toutes deux au Théâtre du Créneau, dans des mises en scène de Quentin Milo. Pour le Théâtre de l’Escalier, il adapte Platonov de Tchekhov et assure l’assistanat de la mise en scène confiée à Olivier Massart.

Du même auteur aux Editions du Cosmogone : 1997 :Corne de lune 1998 : Le Vol des hirondelles russes Paravents chinois. 2000 : Avant-Première (recueil quatre pièces) : Les Couleurs de la neige, Apone Prime, Le Jardin des papillons, Il était une fois dans un théâtre. Autres pièces : 1997 : Le Baiser d’Eden, 2-1=3 1998 : Aujourd’hui, dans quelques heures, la mort va m’emporter Poissons noyés


- EAN : 9782909781617
- - Prix : 10,50 є
- Disponible : oui
- Composition : 140 pages, 120 x 205 mm, broché, 170 g,
- Paru en janvier 1998
10.65 €
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