search

NATURA MYSTICA ou le jardin de la fée Viviane - F. Jollivet-Castelot

16,87 €

208 pages, Format : 11 x 18 cm, ISBN : 978-2-8103-0382-3

Entouré par une Nature luxuriante et enivrante, François Jollivet-Castelot réfléchit sur la vie terrestre de l’ être vivant. Cette Nature sublimée ne peut l’être autrement que si l’on admet une universalité des choses. L’auteur nous livre ses réflexions scientifiques et ses profondes intuitions sur les concepts clés que sont l’unité, la dualité, la matière, l’espace, l’univers.

SOMMAIRE : 

Partie I : Signature et correspondance des Choses

Partie 2 : Mysticisme naturaliste et mysticismes - Prière et religion - De Deo - la vie, la mort et les réincarnations, la morale, l'amour. 

Quantité

Entouré par une Nature luxuriante et enivrante, François Jollivet-Castelot réfléchit sur la vie terrestre de l’ être vivant. Cette Nature sublimée ne peut l’être autrement que si l’on admet une universalité des choses. L’auteur nous livre ses réflexions scientifiques et ses profondes intuitions sur les concepts clés que sont l’unité, la dualité, la matière, l’espace, l’univers.

Cette réédition témoigne d’une  écriture pleine de sagesse et de simplicité préconisant  le retour à  la nature, la nécessité de lier la Science à la Spiritualité, question fondamentale que chacun de nous se pose devant les bouleversements technologiques futurs.

« Conscience et Connaissance deviennent alors universelles, elles ont franchi les limites de la Nature élémentaire, ont brisé les obstacles qui, entravant leur marche, s’opposaient à leur essence intuitive, en dehors du temps et de l’espace. » (l''auteur)

L'auteur : 

François Jollivet-Castelot (1874-1937) fut un chimiste  et spécialiste dans plusieurs disciplines. Il s’est intéressé à l’alchimie, ses recherches portant sur l’origine de la matière, mais aussi, comme botaniste au sens et aux signatures cachés de la Nature et aux vertus thérapeutiques des plantes. Il a aussi fréquenté les plus grands auteurs ésotériques parisiens du début du XXe siècle, fut à l'origine de la Société alchimique de France. Il a développé les premières idées d’un socialisme utopique et d’une religion universelle. 

Recension de Rémi Boyer : 

Natura Mystica est constitué de deux parties. La première partie, la plus longue, est une réflexion sur la nature conduisant à l’alchimie. Viviane, Merlin, Philalèthe s’entretiennent avec l’auteur pour développer un modèle physique et métaphysique particulier allant de la chimie à l’alchimie en passant par l’hyperchimie et transmettre un enseignement d’orientation non-duelle.

« Le monde est un miroir de l’Être, dit Merlin à l’auteur, la réaction projetée de l’action effectuée. Le Mouvement part de zéro, suit toute la courbe innumérable et retourne à zéro. La fatalité a fait traverser les mille zones à l’Esprit, l’a emprisonné sous mille apparences, l’a asservi, torturé, opprimé, versé de vase en vase comme l’eau ou du sang qu’on écoule ; tantôt l’esprit est maître, tantôt esclave, tantôt roi, tantôt paria, tantôt pontife et tantôt dévot agenouillé. Il est élevé, puis crucifié, heureux et misérable, rayonnant et stupide, beau et laid, saint et pustuleux, guerrier insensible et victime innocente. Il est majestueux et pantelant, jeté dans les révolutions et les conflits barbares, violé comme jeune fille, égorgé comme enfant, éventré comme femme, massacré comme homme (…)

Oui, murmura Viviane, l’œuvre de salvation est une œuvre d’amour. La haine engendre le mal, c’est-à-dire l’inharmonie ; l’égoïsme, passion primordiale de la Volonté universelle, est la cause de l’origine de tous les désordres planétaires. Le « moi » c’est la limite, la borne illusoire qui construit le tombeau de l’être. En vérité, il n’y a qu’une seule conscience, une seule Essence, fragmentée dans les apparences individuelles. Tous sont donc solidaires et vivre foncièrement dans l’Unité reconquise, c’est renaître. »

François Jollivet-Castelot développe une véritable philosophie initiatique dans ses longs échanges, entrecoupés de contemplations de la nature.

La seconde partie est intitulée Mysticismes Naturalistes et Mysticismes.  Pour Jollivet-Castelot, les mysticismes naturalistes, à la différences de la plupart des mysticismes théologiques, ne s’oppose pas à la Nature. Nous décelons dans cette partie l’influence de Charles Fourier, notamment dans son rapport à la sexualité et à l’amour. Il prône une alliance de la science et de la spiritualité et fait référence aussi bien aux traditions occidentales qu’orientales. De plusieurs points de vue, François Jollivet-Castelot nous apparaît comme un visionnaire. Son livre peut nourrir avec pertinence bien des débats actuels.

RECENSION sur 450 FM : 

Paru en 1920 et réédité aujourd’hui en fac-similé, Natura Mystica ou le jardin de la fée Viviane de François Jollivet-Castelot (1874-1937) rouvre un chemin où la nature redevient langage. Entre Merlin, Viviane et la vieille science des correspondances, ce livre invite à unir connaissance et conscience, comme un travail de rectification intérieure.

Il arrive qu’un livre ancien revienne comme une planche retrouvée au fond d’un coffre, non pour flatter la nostalgie, mais pour rappeler une manière d’habiter le monde. Natura Mystica, réédité en fac-similé par les éditions du Cosmogone, porte la date d’un autre seuil, 1920, quand l’Europe cherche une respiration après la fracture. François Jollivet-Castelot, alchimiste et passeur de traditions, ne propose pas un traité de botanique spirituelle. Il ouvre un paysage intérieur, un jardin où la nature cesse d’être décor pour redevenir langage, signe, correspondance, appel.

Dès la première partie, le titre annonce la clef

« Signature et Correspondance des Choses ». Nous entrons dans une vision qui parle à l’initiation. Le visible n’est plus seulement ce qui se voit, il devient ce qui indique. Chaque forme porte sa marque, chaque harmonie sa trace, chaque dissonance son avertissement. C’est une manière de lire la création comme un livre de symboles, et de nous apprendre à déchiffrer sans réduire. Il y a, derrière ces pages, une pédagogie du regard. Elle ressemble à celle de la Loge quand elle nous demande de passer du signe à la signification, puis de la signification à l’expérience.

Le choix d’un cadre arthurien, « Le Jardin de Merlin l’Enchanteur et de la Fée Viviane », n’a rien d’un caprice littéraire

Merlin incarne la science des passages, la connaissance qui entend les voix de la forêt et les nombres du monde. Viviane, elle, est la puissance de l’eau vive, la profondeur du féminin initiateur, la mémoire qui enserre et qui révèle. Dans ce duo, nous reconnaissons une tension féconde entre l’esprit qui mesure et l’âme qui relie, entre la verticalité du principe et l’horizontalité du vivant. L’alchimie de François Jollivet-Castelot ne cherche pas l’évasion. Elle cherche l’accord. L’accord du dedans et du dehors, du microcosme et du macrocosme, de l’homme et de la nature.

La deuxième partie se déploie comme une montée en degrés, sans ton professoral Mysticismes, prière, religion, Dieu, la vie et la mort, les incarnations, la morale, l’amour. Cette table des matières ressemble à une procession de thèmes majeurs, où le lecteur passe de la sensation du monde à la question du divin, puis revient vers l’éthique et le lien. L’ensemble compose une démarche qui rappelle l’art de bâtir. Nous commençons par la pierre brute du réel, nous apprenons à l’observer, puis nous découvrons que l’observation n’est rien sans une conscience qui s’épure. Le texte prend alors une couleur maçonnique nette. Il invite à unir connaissance et conscience, à faire de la pensée un outil, et de l’outil une voie.

Ce qui frappe, aujourd’hui, c’est la modernité tranquille du propos

Dans un temps saturé de techniques, Natura Mystica murmure que la science, lorsqu’elle se coupe du sens, devient puissance sans direction. Il ne s’agit pas de refuser la raison, mais de la réinscrire dans une sagesse. La nature, chez François Jollivet-Castelot, n’est pas un refuge sentimental. Elle est un temple sans murs. Elle éprouve nos intentions. Elle révèle nos déséquilibres. Elle nous oblige à cette tempérance intérieure que nous proclamons si facilement et pratiquons si difficilement.

Le livre se lit comme un rite intime

Il invite à ralentir, à requalifier le silence, à rendre leur poids aux mots essentiels. Unité, dualité, matière, espace, univers. Rien n’est lancé comme un slogan. Tout revient comme une question qui travaille. Et c’est peut-être là la force de cette réédition en fac-similé. Elle ne promet pas des certitudes, elle rend une capacité perdue, contempler et relier, entendre derrière les formes du monde une musique de correspondances.

 

Occultiste et alchimiste français, François Jollivet-Castelot fut l’un des promoteurs de l’hyperchimie, une démarche visant à relier métaphysique et chimie opérative. Proche des milieux rosicruciens et martinistes de la fin du XIXe siècle, il fonde et dirige plusieurs revues consacrées à l’hermétisme et fréquente les cercles occultistes parisiens, en lien notamment avec Papus, de son vrai nom Gérard Encausse, médecin et figure majeure de l’occultisme français de la Belle Époque, qui a contribué à structurer un ésotérisme moderne autour du martinisme et d’un enseignement initiatique largement diffusé,

et avec Stanislas de Guaita, poète et ésotériste, grande conscience hermétique de son temps, animateur d’un courant rosicrucien français et artisan d’une tenue plus intellectuelle, symbolique et ritualisée de l’occultisme. L’œuvre de François Jollivet Castelot explore l’unité du vivant, la transmutation, et les rapports entre science, spiritualité et société.

Nous refermons Natura Mystica avec l’impression rare d’avoir traversé un jardin qui n’est pas un décor mais une épreuve douce. Une épreuve qui rappelle qu’une quête de lumière ne consiste pas à illuminer le monde de l’extérieur, mais à transformer, pas à pas, notre manière de voir, de penser et d’aimer.