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les noms divins révélés par Hénoch - H. Atrous

15,92 €

136 pages, 14 X 21 cm, papier ivoire, illust. C. Bernard, ISBN 978-2-8103- 0374-8

Avec traductions et textes inédits

dialogue de présentation de Witold ZANIEWICKI 

 La tradition des Noms divins accompagne l’histoire de la prophétie depuis Adam jusqu’à nos jours. Cet ouvrage explore ainsi la dimension méconnue, voire oubliée, des Noms divins liés à Hénoch. . . Cette tradition a profondément inspiré les plus grands mystiques à travers les siècles, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, qui se sont approprié les enseignements ».

Quantité

Sommaire : 

Dialogue avec witold zaniewicki 

L’héritage d’hénoch

Hénoch dans la bible et le coran

halte I : les quarante noms divins d’Hénoch 

 halte II : les trente testaments universels d’Hénoch

 halte III : Dieu et ses 30 attributs dans Hénoch I

halte IV: les 70 noms de dieu révélés par Hénoch III

halte V: les sagesses d’Hermès le grand (Hénoch)

halte VI: la Table d’Emeraude

halte VII : la tradition d’Hénoch 

Dialogue avec René Guénon

Descriptif de l’enluminure de couverture 

L'auteur : 

Hocine Atrous est un historien, écrivain et spécialiste des sciences sociales, reconnu pour ses travaux sur la tradition musulmane. Traducteur de textes liés à la spiritualité soufie, et contributeur à des revues académiques comme “Matières à Penser”, il se positionne comme un intellectuel engagé, dont les recherches transcendent l’analyse historique pour interroger les dynamiques contemporaines des relations de pouvoir et de résistance. Ses travaux mettent également en exergue la valeur de la tradition, la spiritualité et le soufisme pour le salut humain en quête de paix, de concorde, et de réconciliation.

Lecture de Rémi Boyer :

Le Livre d’Hénoch conserve une importance particulière dans certains courants initiatiques. Ce corpus nous est connu aujourd’hui sous trois aspects : Le Livre d’Hénoch l’Ethiopien dit Livre d’Hénoch ILe Livre d’Hénoch Slave (Hénoch II), Le Livre d’Hénoch juif (Hénoch III). La tradition hénochienne joua un rôle important dans la vie spirituelle des juifs et des chrétiens, nous rappelle Hocine Atrous, « jusqu’au début de notre ère c’est-à-dire entre le deuxième et le troisième siècle où il a été banni du corpus chrétien pour cause de ses ressemblances existantes entre les paroles de Jésus et celles d’Hénoch, 200 paroles ! »

Le Livre d’Hénoch est l’une des sources de la kabbale mais il a aussi une grande importance dans le Coran dans lequel il prend le nom de Idris. Dans la Bible comme dans le Coran, il est un prophète, un instructeur, un sage, un messager de Dieu. L’élévation au ciel est l’une des dimensions du personnage qui détermine son importance. Ibn’Arabî insista sur la relation entre Hénoch et Elie et sur les fonctions très associées de Jésus et Hénoch, au ciel, et Elie et Al-Khidr sur terre. Cette relation entre Idris-Hénoch et Elie devient même identité dans les Fusûs- al hikam d’Ibn’Arabî.

« De nombreux philosophes, nous dit Hocine Atrous, mais aussi ceux que Henry Corbin désigne comme des « théosophes », l’identifient en effet à Hermès et revendiquent son héritage. C’est le cas en particulier des Ikhwân al-safa, ou « Frères de la Pureté », un groupuscule d’auteurs ismaéliens dont les Epitres, rédigées au début du IX/Xe siècle, apparaissent comme un compendium de toutes les sciences ésotériques, en particulier l’alchimie et la cosmologie. »

Hocine Atrous se concentre dans ce livre sur la tradition des Noms Divins à travers des traductions nouvelles et des textes inédits du corpus musulman d’Hénoch-Idris. Ces Noms étaient destinés à une mise en œuvre selon diverses méthodes plus ou moins contraignantes. Chaque Nom possède ses propres vertus et applications spirituelles ou plus temporelles.

En fin d’ouvrage, l’apport de René Guénon, notamment sur la compréhension de la Shékinah. Revenons au début de l’ouvrage qui est introduit par un long dialogue entre l’auteur et Witold Zaniewcki qui abordent les concordances entre traditions chrétiennes et musulmanes, les pratiques devenues communes, particulièrement autour des Noms Divins. En voici un extrait :

« Witold : Ce qui m’a frappé, c’est que d’habitude, on parle des 99 Noms Divins, et là, avec les Noms d’Hénoch, on retrouve d’autres systèmes parallèles qui coexistent et qui peuvent être transmis par des musulmans habilités, mais qui ne sont pas connus par tout le monde.

Hocine : Les 40 Noms Divins d’Hénoch viennent d’une tradition du prophète, c’est lui qui a transmis les 40 Noms Divins. Mais ces 40 Noms Divins d’Hénoch ont été transmis ensuite dans les oraisons soufies, comme chez les Tdjanî et Nachabandî.

Ils sont liés directement à l’imam Sahrawardi, qui les a transmis avec leurs qualités et vertus. Ce qui est impressionnant, c’est que l’islam participe à la transmission et à la sauvegarde de la tradition d’Hénoch, de cette tradition qu’on retrouve un peu partout dans les cercles ésotériques et notamment chez les kabbalistes juifs. En tout cas, les trois religions prient le même Dieu, c’est ce que je pense. Un cherchant de Dieu, il est inspiré par cette énergie qui est l’amour de Dieu. »

Recension GLDF : 

Le livre de Hocine Atrous, Les Noms divins révélés par Hénoch, ne se lit pas. Il se contemple, il s’écoute, il se respire. Il nous emporte dans une quête dont la source précède les religions constituées, les dogmes façonnés, les exclusions dressées. Ce texte, traversé par la voix fraternelle de Witold Zaniewicki, nous parle moins d’un passé oublié que d’un Souvenir primordial, vibrant dans les replis secrets de l’être. Nous sommes ici dans un espace où les traditions se rencontrent, s’éclairent, se répondent, non dans une juxtaposition stérile mais dans l’harmonie retrouvée de la Sagesse originelleLe Nom, ou plutôt les Noms divins, sont ici la clef de voûte d’une architecture sacrée. Ces Noms – que le soufisme appelle parfois les « plus beaux » (al-asmâ al-husnâ) – ne sont pas des étiquettes dogmatiques

: ils sont des états de l’Être, des puissances en vibration, des seuils de passage entre le silence et le verbe.

Les Noms divins révélés par Hénoch – Avec traductions et textes inédits Hocine Atrous, dans une langue limpide mais dense, restitue cette tradition hénokienne – souvent reléguée dans les marges de la mémoire abrahamique – avec une fidélité rigoureuse, mais surtout une ferveur vécue. Son dialogue avec Witold Zaniewicki, orthodoxe savant et mystique, irrigue le propos d’un courant souterrain, celui de la fraternité des chercheurs de Lumière, qu’importe leur rive d’origine. Par-delà les appartenances religieuses, c’est bien d’un universel spirituel dont il est question, celui qui fait dire à Al-Hallâj : « Ana al-Haqq », « Je suis la Réalité ». Le Nom devient ici échelle de Jacob, lieu d’ascension et de descente, interface entre l’humain et le divin. À travers cette approche, Hénoch – figure énigmatique et pourtant fondatrice – n’est pas tant un prophète oublié qu’un archétype de l’Homme total, celui qui marche avec Dieu et disparaît dans l’invisible, non par mort mais par transmutation. La référence constante à la tradition hénokienne ressuscite une gnose cosmique, où l’alphabet divin se décline en lois vibratoires, en harmoniques sacrées. Dans ce tissage subtil, les noms ne sont pas de simples mots… ils sont les clefs d’un Temple invisible. Et ce Temple, nous y entrons avec précaution, comme on entrerait dans le Saint des Saints d’une Loge intérieure. Il y a là un rapport au Verbe qui dépasse l’exégèse : il engage le souffle, la mémoire du Souffle, ce rouah ou rûh que l’on retrouve dans toutes les langues sacrées comme l’expression du Principe vivant. Le dialogue entre les deux auteurs n’a rien d’un débat intellectuel ; c’est une danse de regards convergents. Witold Zaniewicki, puisant dans la richesse de l’orthodoxie orientale et des traditions théologiques antiques, ouvre des perspectives vertigineuses sur l’unité mystique du divin dans la pluralité des langues révélées. Hocine Atrous, en poète soufi, répond par la douceur d’un ressenti habité, par une science de l’intime qui donne au livre une chaleur rare, une lumière tamisée. Dans cette œuvre, nous ne lisons pas un traité, mais nous recevons un enseignement. Il ne nous dit pas ce que sont les Noms divins : il nous invite à les incarner, à les prononcer comme des mantras du cœur, à les méditer comme des sceaux d’éveil. Ici, le lecteur est moins un observateur qu’un pèlerin – ou mieux, un Frère en chemin, dans l’obscurité féconde du Cabinet de réflexion, à la recherche du Nom perdu.

Witold Zaniewicki,  La Franc-Maçonnerie, dans ce contexte, n’est pas nommée – et pourtant, elle est partout présente. Elle est dans le silence qui précède les mots, dans l’idée que l’initiation n’est pas une accumulation de savoirs mais une mutation de l’être. Le Nom, comme la Parole, ne se donne qu’à celui qui en a purifié le calice intérieur. Le Nom, comme dans le Rite Écossais Ancien et Accepté, se retrouve dans les épreuves du Temple, gravé non sur une pierre brute mais dans le cœur transfiguré du cherchant.

Hocine Atrous inscrit sa pensée dans une lignée de maîtres soufis, mais il parle aussi à la Tradition universelle. Par cette œuvre, il restitue à Hénoch sa stature de passeur, de gardien des seuils, de veilleur des étoiles. Il rappelle à notre mémoire une sagesse qui traverse les siècles et les voiles, une sagesse qui n’oppose pas mais réconcilie, qui n’exclut pas mais intègre, qui n’asservit pas mais libère. Ce livre est un miroir tendu au lecteur : miroir d’eau où le ciel se reflète, miroir noir où surgit le feu. Il n’est pas une fin mais une invitation. Et dans cette invitation, chacun peut entendre l’écho de son propre Nom, celui que nul ne connaît sauf Celui qui le donne.